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Créativité : le point commun des génies ?

Einstein, Mozart ou Marie Curie sont reconnus comme des génies. Ils ont développé un don, la créativité. Un critère bien plus déterminant que le fameux QI, jadis célébré. Quels sont les mécanismes du génie créatif ? 

 

cerveau

 

Devant un feu de cheminée, un verre de bordeaux à la main, le réalisateur américain George Lucas (Star Wars, Indiana Jones) plonge dans ses souvenirs d’enfance. En face de lui, Nancy Andreasen, neuroscientifique et psychiatre de l’université de l’Iowa (États-Unis), lauréate de la National Medal of Science — la plus haute distinction scientifique du pays —prend des notes. Dans ce même fauteuil, se sont déjà succédé la romancière Jane Smiley, prix Pulitzer 1992, l’astrophysi- cien John Mather, prix Nobel dephysique 2006, le mathématicien Bill Thurston, médaille Fields 1982 et les biologistes moléculaires Carol Greider et Liz Blackburn, prix Nobel de médecine en 2009… « J’ai sélectionné des personnalités exceptionnelles qui ont réalisé des œuvres majeures dans leur domaine et ont reçu des prix prestigieux », explique la psychiatre qui les accueille dans sa propriété. Déjà quinze personnes d’exception ont ainsi été mises sur la sellette et Nancy Andreasen entend en recevoir une vingtaine d’ici à fin 2015.

 

L’objectif ? « Comprendre quels sont les facteurs familiaux et environnementaux qui ont permis à leur haut potentiel créatif d’émerger », explique la chercheuse. Toutes acceptent de se prêter à des tests cognitifs et à un examen d’imagerie cérébrale en IRM fonctionnelle « pour permettre de comparer leurs structures et fonctions cérébrales à celles d’un groupe témoin », poursuit l’experte qui a déjà « passé au crible » 30 écrivains talentueux américains dans les années 1990. Pour tenter de percer… le secret des génies.

 

Une capacité à ne pas confondre avec le QI

 

« Le génie est une capacité à produire quelque chose de hautement original« , affirme Nancy Andreasen. « Les génies sont ceux qui “ font l’histoire” par leur contribution dans un domaine de créativité ou de leadership », complète Dean Keith Simonton, chercheur en psychologie à l’université de Californie (États-Unis). Le tout selon ce que le scientifique appelle une « définition historiométrique » ou « d’accomplissement ». À ne — surtout ! — pas confondre avec l’autre définition du génie dite psychométrique caractérisant « un individu ayant un QI [quotient intellectuel] exceptionnel de 140 et plus » qui se mesure par un test mis au point selon l’échelle de mesure de l’intelligence créée par Alfred Binet et Théodore Simon en 1905. Car, toujours selon Dean Keith Simonton qui a étudié le QI de 282 personnalités, « on peut avoir un QI extrêmement haut et ne rien accomplir et, à l’inverse, réaliser des productions majeures avec un QI de 120-130 ».

 

Faire la liste des génies « historiométriques » n’est pas aisé puisquel’évaluation se fait sur des critères de production d’œuvres ou d’idéesnouvelles. Si Einstein, Picasso, Victor Hugo, Mozart ou Léonard de Vinci font l’unanimité d’autres — comme Chagall, Ravel, Malraux, Marie Curie, Camille Claudel ou Napoléon — suscitent des débats aussi bien dans les discussions de comptoir que dans les colloques de spécialistes. Sans parler des contemporains comme l’astrophysicien Stephen Hawking, le réalisateur Steven Spielberg (E.T., Jurassic Park…), Steve Jobs (fondateur d’Apple), le prix Nobel de la paix Nelson Mandela ou le mathématicien Alexandre Grothendieck… entre autres.

 

Pour comprendre ce qu’est un « haut potentiel créatif », direction le Laboratoire adaptations travail-individu (Lati) de la faculté de psychologie Paris-Descartes, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), au cinquième étage du bâtiment principal. C’est le repaire de Todd Lubart, son directeur, psychologue américain débarqué de New York en 1994 et spécialiste de la créativité depuis les années 1980. Son credo : la créativité existe en chacun de nous. « Il y a quatre niveaux de créativité — ou de “c” — que l’on évalue selon la portée de l’œuvre« , explique-t-il.

 

Dix composantes associant cinq qualités cognitives

 

Le premier correspond à la capacité de reproduire quelque chose qui a déjà été inventé, comme cet élève qui applique un théorème de mathématique au cours d’un exercice par exemple. Le deuxième correspond à une créativité limitée au cercle personnel ou familial, comme cet oncle qui imagine sans relâche des recettes de cuisine ou cette grand-mère qui invente comme personne des histoires pour ses petits-enfants. Le troisième niveau concerne la créativité reconnue dans le milieu professionnel et dont on tire parti dans son travail comme le font les écrivains, les publicitaires, les ingénieurs, les chefs cuisiniers, etc. Enfin, au sommet, trône le quatrième niveau ou « big C », la super-créativité rayonnant au niveau international, engendrant une réorientation de la pensée dans un champ thématique donné et dont l’histoire se souviendra.

 

Les Big C — comme les appellent les spécialistes — partagent des traits psychologiques selon Nancy Andreasen : audace, esprit de révolte, individualisme, absence de présupposés, persévérance, concentration, simplicité, aptitude au jeu, curiosité intense, humilité et désintéressement. Todd Lubart a poussé plus loin l’analyse et en a déduit son modèle »multivarié ». « Dix composantes sont nécessaires à la créativité, assure-t-il, associant ainsi cinq qualités cognitives — au premier rang desquelles la flexibilité mentale — et cinq traits de personnalité comme une grande ouverture d’esprit, et une tolérance à l’ambiguïté.« 

 

Un potentiel en chacun de nous

 

Un test, intitulé EPoC, mis au point par le Lati permet d’ailleurs de mesurerle potentiel créatif chez l’enfant et l’adolescent. Durant quatre ans, des psychologues du laboratoire ont travaillé aussi sur Creative Profiler, un programme informatique d’évaluation du potentiel de l’adulte à partir de la mesure des dix dimensions par des épreuves en ligne. Depuis un an, le programme tourne déjà dans quelques entreprises. Au final on obtient un profil en décagone (polygone à dix côtés) plus ou moins large et régulier.« Un pur génie atteindra des maximums dans toutes les dimensions, assure Benjamin Frantz, ingénieur en psychologie responsable du projet. Cela peut arriver statistiquement, mais c’est très rare. »

 

Pourtant, réunir toutes ces composantes, à un niveau aussi élevé ne garantit pas le passage à la postérité ! « Ces compétences sont nécessaires mais non suffisantes ! poursuit Todd Lubart. Elles doivent rencontrer une époque, un environnement, un besoin de la société. Il faut la bonne personne au bon endroit au bon moment pour que le génie émerge. » Et le psychologue de citer le philosophe Friedrich Nietzsche « hissé au rang de génie bien après sa mort, lorsque son œuvre est entrée en résonance avec les préoccupations d’une époque ». José de Valverde, conseiller d’orientation-psychologue, travaille avec le chercheur sur des études de cas, comme ceux de Vincent Van Gogh ou Frédéric Chopin afin de tenter de répondre à ces questions :« Pourquoi le génie éclot-il à un moment donné ? Pourquoi existe-t-il des périodes plus fécondes que d’autres ? »

 

Françoys Gagné, professeur de psychologie canadien, a esquissé des éléments de réponse en établissant en 2003 une théorie qui fait aujourd’hui référence : un potentiel créatif deviendrait un talent lorsqu’il rencontre des catalyseurs internes (personnalité, motivation) et/ou externes (entourage, éducation, moyens). Ainsi, si Van Gogh a été si créatif durant sa période dite arlésienne, c’est, selon José de Valverde, grâce, entre autres, à la luminosité du Midi, l’espoir d’une meilleure santé et une relation renoué avec son frère Théo. De même, Chopin a été particulièrement prolifique lorsqu’ilséjournait à Nohant avec sa compagne, la romancière George Sand. À en croire ces mode?les, les graines d’un potentiel créatif existeraient donc en chacun de nous, n’attendant qu’un « coup de pouce » pour croître au grand jour. Encourageant ! « Il faut encore étudier ce processus, pour mieux comprendre comment intervenir au niveau éducatif afin de favoriser l’éclosion des talents », martèle José de Valverde.

 

Une habileté à réaliser des connexions cérébrales

 

Que se passe-t-il au juste sous le crâne de ces esprits hautement créatifs ? Pour le savoir, il faut revenir à George Lucas — passionné d’anthropologie,d’histoire, de sociologie, de neurosciences, de technologie numérique, d’architecture, de design et de littérature — dont le cerveau a été observé à l’IRM tandis qu’il réalisait des tests cognitifs.

 

De quoi permettre à Nancy Andreasen d’établir un constat : « Tout comme les autres personnalités créatives, il montre des activations plus fortes des cortex associatifs, ces aires cérébrales qui permettent les associations d’idées. » Outre-Atlantique, à l’université Drexel près de Philadelphie, JohnKounios, directeur du Creativity Research lab et son confrère Marc Beeman, coauteurs de l’ouvrage Eurêka Factor (2014), étudient de près ce phénomène. « La créativité peut être pensée comme l’habileté à faire des connexions non évidentes« , estime John Kounios.

 

Retrouvez l’intégralité de cet excellent article d’Eléna Sender sur le site sciencesetavenir.fr

 

Source : Science et Avenir [N°810, décembre 2014 ou sciencesetavenir.fr]

Mots Clés : Todd Lubart, EPoC, Créativité

 
 
 

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