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Comment définir (scientifiquement) la créativité ?

Nous entretenons un rapport direct et intuitif avec la créativité. Face à une œuvre musicale ou un livre, nous identifions qu’une production est très créative sans forcement en comprendre les raisons. Si on met de côté les explications magiques ou religieuses, comment envisager la créativité d’un point de vue scientifique? Comment la définir et l’évaluer ?

 

creat

 

La créativité est un concept complexe pour lequel diverses définitions ont été proposées avant de trouver un certain consensus. Pour aller droit au but, la définition de la créativité en psychologie correspond à la capacité de l’individu à réaliser une production qui soit à la fois originale (c’est-à-dire nouvelle, différente de celles que nous pouvons rencontrer habituellement) et adaptée au contexte et aux contraintes de la situation.

 

Vous avez dit bizarre ?

 

En effet, une production originale mais qui n’est pas adaptée pourra être qualifiée d’étrange, bizarre, tandis qu’une production adaptée mais qui n’est pas originale sera qualifiée de banale, habituelle .

 

Qui est créatif ?

 

Cette capacité cognitive est inhérente à chaque individu et chacun d’entre nous exprime son potentiel de façon plus ou moins optimale en fonction du domaine d’expression et également de plusieurs facteurs, propres à notre personne. En effet, plusieurs modèles ont mis en évidence que différents facteurs pouvaient expliquer les différences interindividuelles observées.

 

Les facteurs de l’expression de la créativité

l’approche multivariée proposée par Sternberg et Lubart (1995) postule que la combinaison conjointe de facteurs cognitifs, conatifs et environnementaux influence les capacités créatives en rapport avec le domaine concerné.

 

> Les facteurs cognitifs se réfèrent aux connaissances et capacités intellectuelles qui facilitent la pensée créative ;
> Les facteurs conatifs se rapportent aux traits de personnalité (par exemple, la prise de risque), aux styles cognitifs (par exemple, la préférence pour la pensée intuitive) et à la motivation ;
> Les facteurs environnementaux prennent en considération l’environnement à la fois physique et social de l’enfant.

 

Chacun de ces facteurs exerce une influence sur la production créative, là encore, spécifique au domaine. En effet, plusieurs études montrent que les performances créatives sont relativement spécifiques au domaine de production, notamment à partir de la fin de l’école élémentaire.

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Collaboration entre le photographe américain Sandro Miller et l‘acteur John Malkovich utilisé comme unique modèle pour reproduire de célèbres clichés

En conséquence, chaque individu a un potentiel créatif qu’il exprime de manière plus ou moins importante en fonction de facteurs cognitifs, conatifs et  environnementaux, ainsi qu’en fonction du domaine d’expression. Une personne pourra avoir un potentiel élevé dans un domaine, comme celui de la composition littéraire, et avoir un potentiel plus faible dans un autre domaine, comme l’expression graphique – artistique.

 

 

Créativité : les modalités de pensées à l’oeuvre

 

L’évaluation du potentiel créatif est majoritairement basée sur l’estimation des capacités nécessairement mises en place lors de la production d’une oeuvre créative, à travers le processus créatif. Ce processus implique la pensé divergente, dans une démarche d’exploration, et la pensée convergente, dans une démarche d’intégration d’idées et leur élaboration.

Pensée divergente exploratoire

La pensée divergente-exploratoire correspond à la capacité de l’individu à générer de nombreuses idées ou réponses à partir d’un simple point de départ. Selon Guilford (1950), la pensée divergente est une capacité essentielle pour la créativité. Grâce à la pensée divergente-exploratoire, la personne va générer différentes idées, ce qui lui permettra de considérer plusieurs pistes de recherche. Ainsi, la probabilité de trouver une nouvelle idée adaptée est plus importante.

 

deiverg-creative

 

En effet, avant de choisir une idée, il est important d’en proposer plusieurs, afin de sélectionner la plus originale et adaptée. Les tests de pensée divergente, comme les tests de Torrance (1966) ou de Wallach et Kogan (1965), demandent aux enfants de produire le plus d’idées originales possibles à partir d’un stimulus. Ce stimulus peut être une situation hypothétique, un dessin (compléter une série de rond) ou un objet diférentes solutions pour l’amélioration d’un jouet).

 

L’intérêt majeur des épreuves de pensée divergente est le calcul d’un indice quantitatif de la fluidité, qui correspond au nombre d’idées générées. Plusieurs recherches montrent que la fluidité est très fortement liée à l’originalité des idées. Lubart et col. (2003) ont montré que les idées les plus novatrices tendent à être produites plus tardivement lors d’une recherche d’idées : les idées communes et banales sont plus accessibles en mémoire, et donc émises plus facilement, au début d’une phase exploratoire de recherche d’idées.

Pour ces raisons, le nombre d’idées émises dans un temps limité lors d’une tâche de recherche d’idées originales est considéré comme une estimation de la puissance du « moteur de recherche d’idées » en phase exploratoire d’activité créative.

 

 

Pensée convergente intégrative

 

Le second type d’épreuves de créativité correspond à ce que nous appelons des épreuves de pensée convergente-intégrative, dans lesquelles les participants doivent mettre ensemble plusieurs idées pour réaliser une production à partir de contraintes imposées.Les productions issues de ces tests deviennent alors comparables les unes avec les autres. Dans ce cas, il n’existe pas de norme absolue pour évaluer la créativité d’une production.


 Le Gyph « London » par AL BOARDMAN entre dans le registre de la pensée convergente intégrative 

 

 

Les jugements sur la créativité impliquent un certain consensus entre plusieurs juges, qui n’est pas toujours atteint ; c’est pourquoi il arrive qu’une personne créative ne soit pas reconnue comme telle par les personnes de sa génération, mais qu’elle le devienne après sa mort, comme Friedrich Nietzsche. Ainsi, généralement, les expérimentateurs faisant appel à ce type d’épreuves recherchent un groupe de juges qui évaluent les oeuvres et déterminent leur niveau global de créativité les unes par rapport aux autres.

La méthode la plus couramment utilisée est celle de l’évaluation consensuelle (Consensual Assessment Technique ou CAT proposée par Amabile,1996). Cette méthode repose sur l’expertise de juges appropriés, par une évaluation indépendante de chacune des productions par ces juges. Si chacun des experts s’accorde à « classer » les mêmes productions dans le même ordre quant à leur niveau de créativité, il est alors possible de conclure qu’ils ont bien évalué la même qualité (c’est-à-dire, la créativité).

 

Évaluation : différentier le potentiel créatif du talent créatif

Le talent créatif ne peut être constaté que par la réalisation de productions originales dans une situation de performance réelle (par exemple, une composition d’histoire ou de dessin pour un concours de création). L’adage d’Engels disant que « La preuve du pudding, c’est qu’on le mange. » s’applique bien ici : le talent créatif est reconnu socialement, les œuvres faisant objet d’un prix, d’une exposition, et d’autres formes de valorisation.

Ce gif de Gerardo Juarez a été primé par Google et Saatchi au concours « Motion Photography Prize »

Le potentiel créatif, lui, peut être évalué au moyen d’épreuves sollicitant les deux composantes actives de la créativité (divergeante exploratoire & convergente intégrative) à partir de stimuli abstrait et concret. En France, la batterie d’évaluation de référence se nomme l’EPoC (Todd Lubbart, Editions Hogrefe); elle permet de mettre un enfant (de 4 à 12 ans) en situation de création lors de deux sessions de 30 à 45 minutes.

Il est solicité pour produire de nombreuses idées peu élaborées, et des compositions plus intégrées et finalisées, dans deux domaines (verbal et graphique). Le psychologue pourra ensuite définir son profil et son potentiel créatif (quels sont les domaines qui favorisent sa créativité, comment est il positionné sur les différentes composante en comparaison aux enfants de sa classe d’âge ?, …)

La créativité parmi les nouvelles intelligences

L’évaluation des enfants, notamment dans le milieu scolaire, est phagocytée par les mesures d’intelligences (Q.I.). Or, de nombreuses études prospectives replacent au cœur des « compétences de demain » d’autres aptitudes comme la communication et la créativité.

Retrouvez cette intervention filmée de Todd Lubart lors de l’ouverture du colloque « créativité et apprentissages », organisé par l’HEP Vaud (Haute Ecole Pedagogique du Canton de Vaud – Suisse), qui nous offre un panorama complet sur la pensée créative, des premières traces de la créativité humaine il y a deux millions d’années jusqu’aux dernières recherches du laboratoire Adaptation Travail-Individu (LATI) de Paris Descartes.

L’école créative de demain from HEP Vaud on Vimeo.

 

Pour aller + loin :

epoc

A lire aussi :

Interview de Todd Lubbart  « D’où vient la créativité et comment la favoriser ? »

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Comment définir (scientifiquement) la créativité ?
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Comment envisager la créativité d'un point de vue scientifique? Comment la définir et l'évaluer ? comment envisager la créativité d'un point de vue scientifique? Comment la définir et l'évaluer ? La créativité est un concept complexe pour lequel diverses définitions ont été proposées avant de trouver un certain consensus.
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