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En séance #3 : les psychoses [les 10 films à voir en psycho]

Chaque semaine nous vous proposons une sélection de 10 films autour d’une thématique en psychologie. Ce 3ème épisode rompt avec la réalité pour traiter le thème des psychoses.

 
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Hallucination, paranoïa, mégalomanie, persécution, clivage… Quels sont les 10 films incontournables pour explorer les mécanismes délirants et les angoisses archaïques ?

 
 

#1 :  Birdman [2009 – Alejandro González Iñárritu]

 

« Dépression psychotique – Clivage du moi – toute puissance »

 
Si la réalité est vraiment insupportable, émancipez-vous de celle-ci. C’est un peu l’adage inconscient de Riggan Thomson (Michael Keaton), acteur sur le déclin, ayant eu son heure de gloire en incarnant un super-héros, « Birdman ». Souffrant de dépression (il évoque une tentative de suicide après son divorce), le film suit le personnage de Riggan en plein « épisode dépressif majeur avec caractéristiques psychotiques ». Les mécanismes mis en place relèvent clairement du registre de la psychose : clivage du moi (Riggan Vs Birdman), pensée magique, toute puissance, mégalomanie, …
 

 
Alejandro González Iñárritu a donné un sous titre à Birdman « la Surprenante Vertu de l’ignorance » que l’on peut traduire – de manière moins poétique – par « les bénéfices secondaires du délire ». En choisissant Michael Keaton pour incarner le personnage d’un acteur « has been » dont la carrière fut à son apogée avec le rôle d’un super-héros, il donne une profondeur supplémentaire à son film. Il s’agit d’une mise en abîme car Birdman fait écho au Batman de Tim Burton, incarné par le même Keaton, il y a presque 30 ans.
 
 

#2 : Black swan [2010 – Darren Aronofsky]

 

« Trouble psychotique bref – Angoisses de persécution – Automutilations »

 
Nathalie Portman interprète le rôle de Nina Sayers, une danseuse qui va graduellement décompenser durant sa lutte puis sa préparation pour le premier rôle du ballet : Le lac des cygnes. Nina, sous des pressions multiples, présente un tableau de plus en plus sévère : anorexie, lésions de grattage, angoisses de persécution, hallucinations,…
 

 
Ce film est intéressant car il met en lumière le manque de ressources de Nina qui ne parvient pas à faire face à l’univers ultra-compétitif du ballet et au harcèlement de son chorégraphe (Vincent Cassel, toujours très bon en tyran). On découvre une jeune femme fonctionnant avec un attachement « insécure », fruit de la relation dysfonctionnelle avec sa mère, qui fait peser sur sa fille ses propres regrets. Ce cocktail toxique ainsi qu’une prise de substance (ecstasy) la font glisser progressivement hors de la réalité.
 
Note : Lorsqu’un premier épisode délirant survient; s’il est inférieur à 6 mois, il est désigné comme un trouble psychotique bref (anciennement BDA – Bouffée délirante aigüe); au delà, on parle d’une entrée dans la schizophrénie.

 

 

#3 : Shutter Island [2010 – Martin Scorsese ]

 

« Déni – Délire de persécution »

 
Deux inspecteurs, Teddy Daniels et Chuck Aule, se rendent dans un hôpital psychiatrique de haute sécurité, « Shutter Island », pour enquêter sur la disparition d’une patiente. Teddy, joué par Di Caprio, se confronte rapidement à une machination orchestrée sur l’île pour réaliser des expériences illégales de lobotomie.

 

 

[Spoiler] La fin du film nous apprend que celui que l’on croit enquêteur, Teddy, est un patient de Shutter Island à la recherche de la réalité dont il a fait le déni : il a tué sa femme quelques années plus tôt. Le procédé est génial car le spectateur, pris dans la mise en scène de ce jeu de rôle psychiatrique, adhère au délire de persécution de Teddy. En étant « embarqué » dans sa construction délirante, Scorsese nous permet d’approcher cet état de près.
 
 

#4 : Pi [1998- Darren Aronofsky]

 

« Délire paranoïaque – Angoisses massives – Hallucinations »

 
Max Cohen est un mathématicien de génie. Partant du principe que « la nature est un livre écrit en langage mathématique », il veut comprendre le fonctionnement du monde en décryptant des séquences mathématiques à l’intérieur du nombre π. Cette quête obsédante l’entraînera hors de la réalité. La scène du métro mêlant migraines, angoisses massives, hallucinations visuelles et sensorielles nous plonge dans l’univers paranoïde de Max :

 

 

Ce premier film de Darren Aronofsky (requiem for a dream), minimaliste, en noir et blanc, est une très bonne description des troubles psychotiques. Mis en échec dans sa tentative de déceler le code mathématique régissant la nature, ses symptômes s’accentuent et Max s’isole. Le matériel délirant se déploie sur le mode de la persécution, nourrit par les hallucinations.
 
 

#5 : Lost Highway [1997 – David Lynch]

 

« Délire passionnel – Trouble dissociatif »

 
L’ambition de David Lynch avec ce film est de retranscrire l’expérience dissociative, et non de filmer un personnage vivant cet état. Avec Lost Highway, nous sommes immergés dans des distorsions de la réalité : le temps se courbe, les personnages se dédoublent, … Ce film est une référence du cinéma contemporain, et un incontournable sur le thème de la psychose.
 

 
Fred Madison, musicien (joué par Bill Pullman) a la conviction d’être trompé par sa femme (Patricia Arquette). Son délire le conduit au meurtre, avant d’être lui-même condamné à mort. Le film propose les narrations de l’histoire de cet assassinat, à partir des différentes personnalités du meurtrier.
 
 

#6 :  Antichrist [2009 – Lars von Trier]

 

« Rejet – Régression – Clivage de l’objet »

 

Antichrist met en scène la décompensation d’une femme (jouée par Charlotte Gainsbourg), que son mari tente de soigner. La mort de leur enfant (tombé par la fenêtre alors qu’ils faisaient l’amour) constitue un événement tellement inacceptable qu’il est soumis au mécanisme du « rejet ». Elle ne peut élaborer de position « dépressive » face à ce vécu qui la plonge d’abord dans une catatonie. Elle reconstruit ensuite la réalité sur un mode délirant.

 

 

Elle vit des angoisses archaïques, des hallucinations, passages à l’acte,… Les mécanismes de défense sont typiques de la psychose, avec une régression de son fonctionnement : clivage de l’objet et non-accès à l’ambivalence. L’autre est soit intégralement bon (idéalisé) soit mauvais (on parle alors de « mauvais objet »). Avec ce film, Lars von Trier réussit l’exploit de pousser cette notion de clivage jusqu’au public, dont une partie déteste cette oeuvre.
 
 

#7 : Mr Robot [2015 – Sam Esmail]

 

« Clivage du moi – Hallucinations »

 

A coté des prises de produits, hallucinations et autres sentiments de persécution, le personnage principal de Mr Robot fonctionne sur un clivage du moi omniprésent : il forme un duo avec un double halluciné – une sorte de figure paternelle -, il intègre le spectateur de la série comme une entité présente dans sa réalité psychique… Bref, en regardant cette série, vous ne serez jamais certains d’assister à la réalité, une hallucination ou d’être vous-même une partie du matériel délirant.

 

 

C’est donc la série à voir sur ce thème, avec une narration et une réalisation originale. Le spectateur partage la schizophrénie d’Elliot Alderson, joué par Rami Malek. Informaticien la journée et hacker la nuit, il dirige un groupe clandestin, la « Fsociety » voulant provoquer l’effondrement de la plus grande multinationale au monde, E-corp.
 
 

#8 Fight Club :  [1999- David Fincher]

 

« déréalisation – dépersonnalisation »

 
Le personnage principal (Edward Norton) est un trentenaire expert en assurance, cynique et dépressif. Il consulte son médecin à cause d’insomnie sévère, lequel refuse de lui prescrire des médicaments et l’oriente vers un groupe de parole (des patients atteints de graves troubles pour le faire relativiser). La première partie du film dépeint le sentiment diffus de déréalisation (DR) vécu par le narrateur : le monde extérieur lui apparaît comme étrange ou irréel.
 

 
Cette déréalisation n’est que le pendant d’une expérience psychique de dépersonnalisation (DP), un symptôme dissociatif. Ce mécanisme correspond à une perte de sens de soi-même, associée à une perte totale de contrôle des situations. Dans Fight Club, cet état est matérialisé par le personnage de Tyler Durden, que le narrateur pense fréquenter alors qu’il n’est en fait qu’une projection délirante et idéalisée de lui-même…
 
 

#9 : La dernière tentation du Christ [1988 – Scorsese]

 

« Toute puissance – Délire mystique »

 
Le personnage principal, Jésus, découvre lors d’un voyage dans le désert qu’il est choisi par Dieu pour sauver l’humanité. Prêchant « la bonne parole », il convainc et fédère des « apôtres » en accomplissant des miracles. Incarné par le cultissime Willem Dafoe, Jésus vit une connexion directe avec Dieu, objet idéalisé, auquel il soumet ses actions.
 
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Les thèmes mystiques sont fréquents dans la psychose et peuvent s’organiser en délires prophétiques ou messianiques. Plus généralement, le délire doit pouvoir accueillir de manière quasi invariante une forme de toute puissance du sujet. Un des critères principaux du délire consiste en la conviction absolue et rigide en une croyance réfutable.
 
 

#10 Un homme d’exception:   [2001 – Ron Howard]

 

« Schizophrénie »

 
Un homme d’exception est le biopic de John Forbes Nash, un mathématicien et économiste américain de génie. Il élabore au début des années 50 une théorie économique des jeux qui lui vaudra un prix Nobel. Cependant, Nash est schizophrène et développe un délire, sur fond de guerre froide et de cryptographie. Ce film, au delà de ses qualités cinématographiques, nous rappelle la proximité incroyable entre le génie et la folie, la schizophrénie et l’extrême intelligence.
 

 
Egalement, on voit toute l’hostilité à laquelle une personne schizophrène est confrontée. Contrairement à d’autres types de fonctionnements qui peuvent mettre en place un vernis social, la schizophrénie laisse apparaître au premier plan une (inquiétante) étrangeté. Le comportement de Nash, comme on peut le voir dans certaines scènes du film, suscite des réactions malveillantes, même auprès d’un public de haut niveau (élèves de l’université de Princeton).
 
Note : Alors que l’on a tendance à se méfier des personnes schizophrènes, elles sont avant tout victimes et non auteures de violences, dans nos sociétés.
 
 

Malik Benguerine & Didier Le Mabic

 
 
PS : Ce classement s’appuie sur 2 critères. Tout d’abord, la pertinence pour comprendre les enjeux psychologiques liés à la thématique; ensuite, la qualité cinématographique de l’oeuvre.
 
 

Retrouvez tous les épisodes de notre série « En séance, les 10 films à voir en psycho » :

 

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